Plan d’action 2030 : se transformer pour mieux représenter

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Les marchés se mondialisent, la normalisation s’européanise. Dans ce contexte, quels services un Syndicat du Luminaire national doit-il apporter à ses adhérents ?”. En réponse à ces transformations, le Syndicat prépare un Plan d’action visant à « se transformer pour mieux représenter ». Baptisé “Horizon 2030”, ce Plan s’articule autour de trois axes prioritaires:

– Le premier axe consiste à éduquer le marché afin de mettre en avant l’importance de l’éclairage.” introduit le président Khristian Friboulet. En effet, dans un contexte de forte concurrence, où la valeur du produit est souvent sous-estimée, le Syndicat entend renforcer ses actions de communication et de sensibilisation.

Cela passe par ses publications spécialisées diffusées par les éditions Prismes, fondées en 2024. Sont ainsi publiées chaque mois la newsletter Lumiscope (éclairage fonctionnel intérieur) à destination des acteurs de la chaîne de valeur, ainsi que la newsletter Prismes (éclairage public), à destination des acteurs de l’éclairage public.

“Valoriser l’éclairage, c’est aussi créer des événements fédérateurs, comme les futures Assises de l’Éclairage envisagées en 2027.” Cette manifestation, que nous souhaitons organiser dans le cadre de Lumen&Lux avec l’ACE (Association des Concepteurs Lumière et Eclairagistes), l’AFE (Association Française de l’Eclairage), le Cluster Lumière…réunira toutes les institutions représentant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

Cette dynamique s’appuie également sur des partenariats avec Ateliers d’Art de France, le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art, l’Institut pour les Savoir-Faire Français (ex-INMA), le VIA French Design, le Campus des métiers d’art et du design ainsi qu’avec PEP Ecopassport.

– Le deuxième axe concerne l’influence réglementaire et normative. Dans un contexte marqué par la multiplication des textes européens et nationaux, “le Syndicat joue un rôle essentiel” considère Kristian Friboulet. En effet, il défend les intérêts de la filière, contribue à simplifier les règles et veille à leur application équitable. De plus, il intervient au sein des instances de normalisation et participe activement aux travaux, tant au niveau européen (Lighting Europe, CENELEC) qu’au niveau français (FIEEC et AFNOR).“À ce titre, nous sommes particulièrement présents au sein de Lighting Europe, dont les groupes de travail jouent un rôle déterminant dans l’élaboration des positions industrielles européennes.”, poursuit-il. Membres actifs du conseil d’administration de cette fédération, “nous animons un groupe de travail et une task force, et sommes présents dans 90 % des groupes de travail et « task forces »”.

“Par ailleurs, souligne le président du Syndicat du Luminaire, nous contribuons notamment aux travaux relatifs à la surveillance du marché, un enjeu devenu central face à la montée des produits non conformes, en particulier sur les plateformes en ligne”. Dans ce cadre, l’industrie défend une application plus stricte des règles ainsi qu’une responsabilisation accrue de tous les acteurs mettant des produits sur le marché européen.

Cette dynamique s’inscrit dans les évolutions réglementaires récentes qui tendent à “renforcer le rôle des plateformes de vente en ligne”. Désormais de plus en plus considérées comme de véritables opérateurs économiques, pouvant être assimilées à des importateurs dans certaines situations. L’objectif est clair : garantir une concurrence équitable et assurer que tous les produits commercialisés dans l’Union Européenne respectent les mêmes exigences.

À la FIEEC (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de la Communication), le Syndicat est également membre actif du conseil d’administration et présent dans tous les groupes de travail. “Nous y sommes particulièrement engagés dans les travaux actuels de transposition de la directive Empowering Consumers for the Green Transition ainsi que dans la mise en place de la REP “emballages professionnels” qui concerne la majorité de nos adhérents. De plus, ajoute Kristian Friboulet, “nous accompagnons nos adhérents grâce à des outils d’information et de formation adaptés”.

– Enfin, “le troisième axe vise à mettre à disposition des entreprises des données et des outils mutualisés”. La production de statistiques de marché fiables permet d’anticiper les évolutions et d’orienter les stratégies. Parallèlement, le développement d’outils liés à l’analyse du cycle de vie, aux profils environnementaux produits et au bilan carbone répond aux exigences croissantes en matière de transition écologique.


Questions croisées

Dans l’édition précédente de la Lettre Lux, Lionel Witkowski, président du Syndicat de l’Eclairage, a répondu aux trois questions ci-dessous. Dans cette édition, Kristian Friboulet se livre au même exercice.

“ Représenter l’ensemble de la chaîne de valeur et favoriser les synergies entre ses différents maillons”

> Au siècle présent, des syndicats professionnels : pour quoi faire ?

Kristian Friboulet Au XXIe siècle, un syndicat professionnel ne peut plus se limiter à une simple représentation corporatiste. Il devient un acteur stratégique au cœur de son écosystème. Sa mission est d’abord de défendre collectivement les intérêts de la filière auprès des pouvoirs publics, tant au niveau national qu’européen. Mais son rôle va bien au-delà.

Face à la complexité croissante des réglementations, il agit en amont pour influencer les textes et éviter des contraintes disproportionnées sur les entreprises de la filière. Il accompagne également les entreprises dans leur mise en conformité, en diffusant une information claire et opérationnelle. Par ailleurs, il structure la filière en favorisant les échanges entre ses différents acteurs et contribue à valoriser le secteur auprès des prescripteurs comme du grand public.

Dans ce cadre, le syndicat devient à la fois un organe d’influence, un centre de ressources, un producteur de données et un animateur de réseau. Il constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité d’une industrie confrontée à une concurrence mondiale accrue.

> Selon ses statuts, le Syndicat du Luminaire réunit des fabricants. Comment ces derniers se définissent-ils aujourd’hui ?

K.F. La notion de fabricant a profondément évolué. Héritiers des bronziers du XIXe siècle, les acteurs du luminaire ne se définissent plus uniquement comme des producteurs d’objets. Ils sont désormais des concepteurs de solutions d’éclairage, intégrant des dimensions multiples : design, performance énergétique et environnementale, électronique, connectivité et usages. Ces luminaires sont fabriqués par eux-mêmes ou font l’objet d’une production externalisée.

Les matériaux utilisés se sont diversifiés (métal, verre, céramique, plastique, minéraux), tout comme les compétences mobilisées (électronique, optique, thermique, éco-conception, ACV, mécanique….) Les entreprises du secteur se situent aujourd’hui à la croisée de plusieurs domaines : industrie, métiers d’art, innovation technologique, architecture et design.

Cette transformation a entraîné une diversification des profils au sein du Syndicat, qui regroupe désormais fabricants, importateurs, artisans d’art et, à court terme, les multinationales. Le fabricant devient ainsi un acteur global de l’industrie du luminaire et de l’éclairage, bien au-delà de la seule production.

> Ces mêmes statuts mentionnent les « partenaires associés ». De quoi ou de qui s’agit-il ?

– K.F. Les « partenaires associés » désignent l’ensemble des acteurs qui gravitent autour du luminaire et contribuent à son développement, à sa conformité et à sa mise en œuvre. Il s’agit notamment des bureaux d’études, des concepteurs lumière, des grossistes, des installateurs, des laboratoires de test et de certification, des centres de recherche, des écoles de design et d’architecture, ainsi que des experts en réglementation ou en performance environnementale.

Longtemps considérés comme périphériques, ces acteurs sont aujourd’hui indispensables. Ils interviennent à toutes les étapes du cycle de vie du produit, de la conception à l’évaluation environnementale, en passant par la normalisation et l’innovation.

L’intégration de ces « partenaires associés » au sein du Syndicat répond à une logique claire : “représenter l’ensemble de la chaîne de valeur et favoriser les synergies entre ses différents maillons”. Elle se traduit notamment par l’existence d’un collège spécifique de « partenaires associés » dans nos statuts.

À l’horizon 2030, l’objectif est sans équivoque : défendre une industrie du luminaire compétitive, innovante et responsable, capable d’affronter une concurrence internationale équitable tout en répondant aux défis environnementaux. Dans cette dynamique, le Syndicat s’impose plus que jamais comme un acteur structurant, au service de la cohésion et du développement de l’ensemble de la filière du luminaire et de l’éclairage.  

La conjoncture économique est, à nouveau, perturbée par l’environnement géopolitique. Dans ce contexte, nos adhérents ont plus que jamais besoin de se rencontrer et d’échanger. Nous continuerons donc à multiplier les événements conviviaux, que ce soit à Paris, en province ou à l’étranger à l’occasion des salons internationaux.

Pour conclure, en tant que Président du Syndicat du Luminaire, soutenu par notre bureau et notre conseil d’administration, je tiens à rappeler que notre mission première est de défendre, avec équité, l’intérêt collectif de tous nos membres. Nous veillons à ne privilégier aucun secteur au détriment d’un autre, afin de préserver la cohésion de notre organisation. 

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