Chronique aéroportuaire. Nouvell’AIRe embarque Olga

Dans la revue LUX 313 de janvier-mars 2022, Yannael Billard, responsable environnement, énergie, RSE et pilote du projet « Olga pour le Groupe ADP, lancé en octobre 2021, en présentait les objectifs principaux, en lien direct avec l’environnement. Il expliquait alors que « le projet doit démontrer l’applicabilité de solutions innovantes au sein des aéroports, membres du Consortium à l’échelle européenne ». En octobre dernier, le Groupe ADP a présenté le hub Nouvell’AIRe, qualifié de centre l’excellence dans la construction bas carbone. Via Olga, l’éclairage y est embarqué.

« L’ingénierie et l’architecture aéroportuaires sont en pleine mutation dans la mesure où les aéroports jouent un rôle prépondérant dans la décarbonation du transport aérien », a introduit Baptiste Maurand, directeur d’Engineering et Capital Projects (ECP) et membre du Comex du Groupe ADP, lors de la présentation du nouveau centre d’excellence Nouvell’AIRe (voir encadré). Cet « outil » a été imaginé pour accompagner les architectes, experts, ingénieurs et chargés d’étude du Groupe vers une nouvelle approche métier dans le domaine de la construction durable… y compris au niveau de la consommation énergétique. « Nous entrons dans l’ère de la décarbonation », poursuit Baptiste Maurand, en précisant que cette priorité pour le Groupe ADP s’applique au niveau du sol, de l’accessibilité et des installations électriques. « Nous avons à cœur d’extérioriser cette démarche, d’abord, de façon pédagogique et, ensuite, en présentant une sélection de matériaux appropriés. »

Concevoir l’aéroport de demain

« Notre objectif vise à concevoir, dès aujourd’hui, l’aéroport de demain », poursuit Thimotée Berger, directeur adjoint du département « Architecture et Design » du Groupe ADP. Outre la décarbonation, un second enjeu est priorisé, « l’identité du Groupe », tant au niveau fonctionnel qu’à celui de la qualité d’accueil, tout en conservant l’ambiance caractéristique des aérogares franciliennes. L’éclairage est concerné en visant un double objectif supplémentaire, rappelé par Aurélien Rodon, nouveau responsable du département électricité et bâtiment au sein du bureau d’études Groupe ADP. À savoir, « créer un Lego de lumière permettant d’optimiser les opérations de maintenance des installations de maintenance ».
Cet objectif est aujourd’hui abouti grâce aux prototypes conçus par le français SFEL (groupe Lighting Développement) et Optelma France. Les configurations proposées permettront de répondre à une majorité de solutions assurant plusieurs types de diffusion de lumière (directe, directe/indirecte, batwing, asymétrique…) et même en rabattant le flux vers le sol pour un luminaire suspendu verticalement (photo). « Ces solutions sont rendues possibles grâce aux optiques nanométriques, solution imaginée par Christophe Marty et Éric Correia, respectivement directeur et chargé d’études et réalisations chez Ingelux, assistés par Dr Marc Fontoynont », commente Olivier Cornefert, architecte principal et pilote de la démarche Nouvell’AIRe pour le Groupe ADP, en précisant que les luminaires offriront, aux architectes et designers, un vaste choix de finitions, notamment au niveau des déflecteurs et des embouts.

Olga expérimenté à Roissy Paris-Charles de Gaulle

Conçus dans le cadre du projet européen HOListic & Green Airports (Olga), ces luminaires « Smart Innovative Lighting » « contribuent à une meilleure exploitation des bâtiments en améliorant la performance énergétique (baisse de 20 à 40 % de la consommation d’électricité) et en réduisant le nombre d’opérations de maintenance nécessaires (réparabilité accrue, limitation du nombre de composants, adaptabilité des optiques…) », poursuit Aurélien Rodon tandis qu’Olivier Cornefert ajoute que « le design de ces nouveaux luminaires, en forme de losange, est réplicable et s’adapte parfaitement à chaque situation architecturale d’une aérogare ». 


Les nouveaux luminaires Olga expérimentés à Roissy Paris-Charles de Gaulle. Cette solution d’éclairage a pour objectif l’amélioration du confort des voyageurs grâce à la qualité de la lumière augmentée par la technologie HCL (Human Centric Lighting) adaptant la température de couleur au rythme circadien des passagers.

Expérimentée dans la gare TGV de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, notamment au niveau de sa mise en œuvre en collaboration avec l’entreprise Club SA (Groupe Philippe Marraud), cette opération, délicate puisqu’il s’agissait de prototypes, a été réussie au regard des réactions positives, notamment au niveau de l’accrochage, très précis, des luminaires ainsi que du déport des drivers. « Ce type d’installation donne une impression de sustentation validant le parti pris architectural élaboré en interne, dont la propriété industrielle a été déposée par le Groupe ADP. »
Autre satisfaction, les mesures effectuées dans les laboratoires des deux fabricants des luminaires (puissance et gradation), vérifiées en partenariat avec Ingelux, présentent un très faible écart entre la théorie et la pratique. Sont ainsi validées les réductions de consommation envisagées en phase de conception (30 à 40 % par rapport au plafond fluorescent actuel), avec une efficacité du système complet d’éclairage supérieure à 130 lm/W. « De plus, nos équipes de maintenance ont révélé de possibles améliorations validées par SFEL et Optelma », rapporte Aurélien Rodon. 

À droite, Aurélien Rodon en compagnie d’Olivier Cornefert, devant les luminaires Olga présentés dans le hub Nouvell’AIRe.

Et maintenant ?

Avec l’appui de l’équipe projet, les études d’éclairage vont être réalisées à l’aéroport de Cluj, en Roumanie, membre du Consortium Olga, au premier trimestre 2025. Par ailleurs, est engagée, au sixième étage de l’aérogare d’Orly 4, celui de la terrasse chantée par Gilbert Bécaud, la création d’une salle de réunion représentant un chantier de démonstration de la démarche Nouvell’AIRe et d’une nouvelle expérimentation des luminaires Olga.
Enfin, au niveau du module d’échange de la gare TGV de Paris-CDG, « nous finalisons, avec l’architecte Rachid El-Moussaoui et le chargé d’études électricité et expert lumière, Patrice Condamine, le remplacement de l’ensemble des éclairages obsolètes, principalement fluorescents et à décharge, par des éléments issus du logo de lumière qu’est Olga ». Ce projet pourrait être validé d’ici la fin de l’année, « l’accord des équipes de maintenance, portant sur les ajustements proposés par les deux fabricants, étant indispensable », et validé avant l’été 2025. « L’industrialisation pourra alors débuter avec, pour objectif, en plus de l’équipement des bâtiments neufs construits à Paris-CDG, le remplacement de l’ensemble des installations d’éclairage des satellites d’embarquement T2EL et T2EM », conclut Aurélien Rodon. Ce qui représentera un total de 16 000 modules de 60 centimètres.


Expérimentée dans la gare TGV de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, notamment au niveau de sa mise en œuvre en collaboration avec l’entreprise Club SA (Groupe Philippe Marraud), cette opération, délicate puisqu’il s’agissait de prototypes, a été réussie au regard des réactions positives, notamment au niveau de l’accrochage, très précis, des luminaires ainsi que du déport des drivers. « Ce type d’installation donne une impression de sustentation validant le parti pris architectural élaboré en interne, dont la propriété industrielle a été déposée par le Groupe ADP. »
Autre satisfaction, les mesures effectuées dans les laboratoires des deux fabricants des luminaires (puissance et gradation), vérifiées en partenariat avec Ingelux, présentent un très faible écart entre la théorie et la pratique. Sont ainsi validées les réductions de consommation envisagées en phase de conception (30 à 40 % par rapport au plafond fluorescent actuel), avec une efficacité du système complet d’éclairage supérieure à 130 lm/W. « De plus, nos équipes de maintenance ont révélé de possibles améliorations validées par SFEL et Optelma », rapporte Aurélien Rodon. 

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